Ses débuts

Fabrice Gobert, suit une formation de cinéma à l’Université Paris III, avant de réaliser son premier long métrage, Simon Werner a disparu. Thriller atypique, le film retrace les disparitions successives de jeunes lycéens dans la région parisienne des années 90. La réalisation léchée du film et son atmosphère sombre vont rapidement séduire la critique. En 2010, le film sera nominé dans la sélection Un certain regard au Festival de Cannes et en 2011, pour le César du meilleur premier film.

Un réalisateur aux références multiples

Fabrice Gobert rejoint le projet des Revenants en 2010. En s’appuyant sur les premières pistes explorées par Céline Schiamma à qui il succède, l’auteur invente un récit dans lequel le paradoxe est norme.

Pour cela, il s’imprègne du monde qui l’entoure, ses références n’ayant en commun que sa sensibilité artistique. Du couple antique Orphée et Eurydice, qui lui permettra d’imaginer Adèle et Simon, aux romans de l’écrivain phare de la génération X, Bret Easton Ellis, dont il s’inspirera afin d’élaborer la psychologie de ses personnages, le réalisateur jongle avec notre culture.

Il explique s’être notamment appuyé sur la série Twin Peaks pour reproduire un climat anxiogène propre aux univers clos. Comme dans la série de David Lynch, Les Revenants laisse le spectateur seul maitre des certitudes qu’il peut avoir au sujet des protagonistes. La frontière entre le bon et le mauvais, le premier et le second degré, s’effaçant sous la complexité humaine.

Le cinéaste a confié la bande originale de la saison 1 et 2 au groupe écossais Mogwai, qu’il avait découvert dans le documentaire Zidane, un portrait du XXIème. Un choix judicieux qui renforce l’étrangeté et la tension émanant de la série.

Visuellement, l’une des références majeures de la saison 2, très éloignée de l’univers des blockbusters, a été celle des lithographies de Gustave Doré. Influencé par le peintre, Fabrice Gobert  a recrée dans les moments d’obscurité une lumière artificielle proche de la divinité.

Plus qu’une simple série Les Revenants peut alors être perçue comme un véritable patchwork aux références multiples. Une fois associées, chacune des pièces forme un ensemble cohérent dont seul le réalisateur a le secret.


Coordinateur de talents

Privilégiant le travail collectif, le réalisateur s’est entouré de nombreux scénaristes et collaborateurs tout au long du tournage de la série. Pour la saison 1 et 2, l’écrivain Emmanuel Carrère, a notamment participé au travail d’écriture des passages situés trente cinq ans auparavant. Fabrice Gobert a également collaboré avec Audrey Fouché, scénariste des Borgia, pour l’écriture de l’histoire de la saison 2.

Côté acteurs, le cinéaste a toujours favorisé l’émergence de nouveaux talents. Que ce soit dans Simon Werner a disparu, dans lequel on retrouve Ana Girardot, plus connue sous le nom de Lucy dans la saison 1 des Revenants, ou encore Yara Pilartz et Pierre Perrier, les interprètes de Camille et Simon, la nouvelle génération a une place prépondérante dans ses créations.

A l’instar d’un Tim Burton ou d’un Wes Anderson dans leurs films, Fabrice Gobert a su retranscrire dans Les Revenants son imaginaire mystérieux et bourré de références. La saison 2 qui a débuté le 26 septembre, n'a pas dérogé à la règle.